Histoire des galgos

L’HISTOIRE DU GALGO

Pour commencer à comprendre la situation tragique des Galgos (Lévriers espagnols) en Espagne, nous devons d’abord retourner dans le passé  pour avoir une vision globale de la situation présente.

 

De l’aristocratie à la classe inférieure

On pense que le Galgo a été introduit en Espagne par les arabes, et qu’il descend du Sloughi du nord de l’Afrique.  Ces animaux, dans leurs pays d’origine étaient pour ainsi dire vénérés, de la même façon que le Saluki, un cousin du Galgo, était possédé seulement par les Cheik, et c’était un grand honneur quand un Cheik en faisait cadeau à un invité. Au début, les Galgos étaient considérés comme des animaux nobles et seuls les nobles pouvaient en posséder. Ces animaux étaient utilisés lors de grandes chasses mais parallèlement, la désobéissance espagnole est bien connue,  des personnes d’origine humble, qui avaient en charge le soin de ces animaux, ont commencé à en mettre certains de côté pour étendre eux-mêmes l’élevage des Galgos de manière incontrôlée.

A partir de ce moment, le Galgo n’a plus été un animal noble appartenant à la noblesse, mais est devenu un animal associé à la classe la plus basse de la société espagnole. Dans le même temps, la noblesse du sud de l’Espagne commençait à importer des Greyhounds d’Irlande pour leur grande rapidité qui manquait aux Lévriers espagnols. Le résultat fut la création d’une nouvelle race anglo-espagnole.

Le sang irlandais donne de la rapidité aux Lévriers et le sang espagnol leur donne de la résistance (endurance) dans la poursuite. Aujourd’hui, selon l’endroit où l’on chasse, un Greyhound est meilleur qu’un Lévrier espagnol ou vice versa.

 

Influences économiques sur la situation du Galgo

Quand l’élevage s’est généralisé au début du 20ème siècle parmi les classes modestes, cet animal est devenu une aide inestimable pour son propriétaire, car en ces temps-là les hommes chassaient pour manger. Pour cette raison, posséder un Galgo signifiait, socialement, que dans cette maison on ne souffrait pas de la faim, car il y avait un Lévrier pour fournir de la nourriture au cas où. Ce qui signifie que le maître du Galgo, quand l’animal ne servait plus pour la chasse, n’avait pas d’autre solution que de le sacrifier, puisque financièrement il ne pouvait pas le garder plus que le temps strictement nécessaire. Les méthodes possibles pour le sacrifice étaient peu nombreuses. Ils n’avaient pas de fusils qui étaient réservés aux gens riches.  La pendaison devint la méthode la plus utilisée. Ce qui est une méthode indéniablement bon marché. Vu ainsi, la pendaison des lévriers en Espagne nous vient des temps immémoriaux, mise ne place pour des raisons économiques, mais continuée par pur sadisme.

 

Le régime de Franco a entraîné un grand exode rural vers les villes pour profiter des opportunités de travail. Ces immigrés qui étaient des passionnés du monde du Galgo et qui n’avaient pas de lieu où satisfaire leur passion, commencèrent à se rassembler dans des endroits où, avec quelques Galgos, ils pouvaient organiser des courses. Puis sont nés les cynodromes, une manie importés d’Angleterre. A la fin des années 70 il y avait seize cynodromes en Espagne, dont le dernier, le Meridiana à Barcelone, a fermé en 2006.b(En 1999 nous avons assisté à la fermeture de deux d’entre eux, un à Palma de Mallorca et l’autre à Barcelone, et en 2006 Scooby Medina a sauvé  100 Greyhounds irlandais à la fermeture de la piste de Meridiana, elle aussi à Barcelone.) Cent pour cent des Greyhounds qui étaient utilisés dans ces cynodromes étaient originaires d’Irlande.

 

Au début des années 80, quand la situation économique de L’Espagne s’est améliorée, beaucoup de citadins ont commencé à avoir une résidence secondaire dans leurs villes d’origine. Et également le pouvoir d’achat des habitants de la campagne a augmenté.  Ces deux groupes ont commencé à avoir des Lévriers par amour pour la chasse. Mais ils ont maintenu la vieille tradition de pendre les Galgos à la fin de la saison de la chasse ou pratiquent des versions plus modernes comme de les abandonner au milieu de nulle part ou dans des refuges pour animaux.

 

Le 21ème siècle

 

Au 21ème siècle, en Espagne, les problèmes liés aux Galgos sont très complexes. D’abord il  y a l’élevage abusif et à tort et à travers des Galgos, sans aucun contrôle de la part des autorités. La plupart de ces animaux sont élevés dans des grandes fermes (“usines à chiots”) où ils ne reçoivent aucune chaleur humaine et vivent dans des conditions sanitaires plutôt déplorables.

Ils ne sont pas vaccinés ni vermifugés régulièrement et n’ont pas d’autre valeur que celle d’un simple outil pour la chasse. Elever des Galgos est très simple, tout ce qu’il faut c’est un mâle, une femelle et un petit endroit caché. Rappelez-vous que leur nourriture se résume à du pain dur et pas grand-chose d’autre. Ce qui fait croire aux gens qu’élever des Galgos ne coûte absolument rien, et implique que les propriétaires eux-mêmes ne s’embêtent pas à préserver leurs animaux d’une année sur l’autre, puisque probablement ils auront du sang neuf pour la saison de chasse suivante.

 

L’âge moyen des Galgos abandonnés en Espagne est entre deux et trois ans. De manière systématique, quand la saison de la chasse est finie (fin janvier), arrivent à la  porte de Scooby Medina quelques mâles et des femelles. Entre avril et mai, les femelles arrivent. La raison est très simple, les femelles n’ont pas été abandonnées avant d’avoir eu une portée pour la prochaine saison. Quand aux mâles, après avoir couvert les femelles, ils ne sont pas gardés. Si un animal a bien  chassé, en principe il reste plus longtemps avec ses propriétaires et sera dédié à la reproduction. Mais quand il a plus de 8 ans, il est rare de trouver un Galgo qui soit encore avec son maître.